« Une foule de gens se figure que le but de la poésie est un enseignement quelconque, qu’elle doit tantôt fortifier la conscience, tantôt perfectionner les mœurs, tantôt enfin démontrer quoi que ce soit d’utile…

La poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’elle-même ; elle ne peut pas en avoir d’autres, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d’écrire un poème.

La poésie ne peut pas, sous peine de mort ou de défaillance, s’assimiler à la science ou à la morale ; elle n’a pas de Vérité pour objet, elle n’a qu’Elle-même. »

(Notice Edgar Poe)

L’année dernière, je posais des conversations sur papier, elles ont pris un sens. Elles sont devenues une histoire et enfin une pièce. Ma pièce. Que dire de plus, ça doit être ça donner naissance… 

Je vous invite à mon accouchement alors, les vendredi 2 et samedi 3 juin 2017 à Pérenchies, 20 heures. Vous retrouverez sur scène Murielle, Pauline et Sarah.

Texte disponible :

http://www.thebookedition.com/fr/les-faits-mere-p-350598.html

Et l’envie de t’écrire une fois de plus

Quand arrivera la fois de trop ?

Celle qui dérange nos vies si perdues

L’une de l’autre. Une en trop

Quand on les superposés

De nos corps sans questions

Et demain ? On le savait

Pourtant, on savait, des cons

A s’aimer quand même, pour après

Mieux s’égarer au bord d’une gare

Et dans le train vers rien se retrouver

Abandonnés vers un autre hasard

Avec chacun une lettre à poster

Vers une nouvelle adresse

Encore des mots à se poser

Reste d’une passagère ivresse

Encore des choses à se dire

Tellement et ces mots qui crient

Pour être plus simple à lire

Quand soudain sonne l’envie.

Et t’écrire une fois de plus, encore.

Souvent ce sont les petites choses qui nous manquent le plus :

Une lettre, un ciel d’été,  

Un silence, un petit toit,

Un verre, une photo ratée,

Un instant de plus, une voix.

Un souvenir, un souvenir qui s’enfuit…

Qu’est-ce qu’il y a de plus petit qu’un souvenir ?

Une minuscule bulle dans un coin de nos têtes…

Un  souvenir qui s’enfuit…

Un feu de cheminée qui touche le fond du cœur

Besoin de se noyer dans quelques profondeurs

D’aller vers l’opposé, loin, d’oublier ses peurs

De se couper du temps, encore, quelques heures

Et cette danse unique dans les flammes

Son mouvement lent, sa main pâle

Sur cette épaule dénudée, attendant

Qu’il brûle enfin ses sentiments…

Un souvenir qui s’enfuit…

Ne t’ennuies-tu pas ?

Même si c’est reposant

Quand personne n’est là

Même un court moment ?

Quand tu es seul, là

Avec pour compagnie

Des pensées, un chat.

Un stylo mort, l’oublie

Sur une feuille pâle,

Par sa blancheur.

Saison automnale

Lentes sont les heures…

Alors que les autres

Passent à une vitesse

Quand on a les nôtres

Et un bout de tendresse.

Même si c’est reposant

Je m’ennuie de vous

La plupart du temps

Organisons un nous !

Quelques instants

Le temps d’un sourire

Quelques moments

Avant de partir.

Inviter l’amour à sa table

Peu importe sa forme, sa force

Il est partout, c’est ainsi

Que j’ai décidé ma vie

Il est partout

Parce qu’il ne peut ne pas exister

Impossible

Il suffit de regarder la mer

De la soigner,

Goutte par goutte

On est si petit, si rien

Si innocent

Elle nous soigne

De bien des maux

Doucement

En berçant nos cœurs

Inviter l’amour à sa table

Parce qu’il est quelque part

Enfoui

Sous le sable

Caché dans un profond

Pas si loin peut être

Inviter l’amour à sa table

Parce que sinon qui d’autre ?

Et avoir les pieds dans le sable…

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Le crépitement de la radio, pas l’ordi

Pas la chaine-hifi, non le poste radio

Ami fidèle dans un coin de cuisine

Qui allume la solitude du lieu parfois

Le crépitement de la radio, dans le fond

Dame de compagnie intime et fidèle

Couvrant le bruit qu’on entend plus

Couvrant le silence trop pesant parfois

Les conversations de tous ces gens

Que l’on ne connait pas, dans le fond

Leurs invitations a penser comme eux

Ils disent des choses à méditer parfois

Cette musique qu’on ne connait pas

Ou plus et les paroles qu’on oublie

Aussi, les paroles ça s’oublient aussi.

Même qu’on danse sur des airs parfois

Tout s’oublie quand la radio gronde

On laisse entrer que les crépitements

Un peu comme un feu de cheminée

Il faut avoir un brun d’imagination, parfois

Le crépitement de la radio, rien d’autre

Quand tes doigts cherchent doucement

Ce que tes oreilles veulent entendre

Dans la cuisine, tu t’évades parfois…

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Le ciel n’est pas content, il claque sa colère contre mes fenêtres

Contre mon toit, mon cœur, et  l’eau me transperce tout l’être

Il rugit, grogne et claque sa hargne au hasard des rues folles

Et le monde se réfugie, les pieds mouillés ; mon âme s’affole

Le ciel claque sa colère avant de retrouver son trop beau bleu

Il déchire sans pitié les cœurs même chez les amants heureux

Et le monde continue de tourner sous les gouttes trop lourdes

Qui tombent et claquent ; tonnerre craque mais je suis sourde

Je suis sourde aux maux que tu jettes sur nos vies, gémis

Tant que tu veux, explose ta lumière trop vive contre nos vies

Claque tes cris aussi fort que tu le souhaites, je suis sourde

Elle ne m’atteindra plus ta pauvre peine devenue trop lourde.

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Aspire à une vie simple et passe son temps à la compliquer

Et puis le vide, la chute est longue quand on tombe dedans

Autant de vide alors qu’on ne sait plus donner, même aimer

Est un verbe qui glisse entre les doigts au passé, au présent

On ne sait plus vraiment le conjuguer au futur et pourtant… 

Mais pas de prévision sur les prochains temps où il brillera

Pas non plus de satellite sur nos têtes annonçant pluie et vent

Demain est dans tellement longtemps quand on y va pas.

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Cette putain de foutue page blanche

Vierge de mots divins ou vulgaires

Qui a tant à dire et ne dit rien …

Je te demanderais juste : pourquoi ?

Pourquoi ne me laisses tu pas

T’envahir de mes folles pensées ?

Pourquoi tu ne veux pas du labyrinthe

De mes mots, se chamaillant là

Sur le bout de ma langue ?

Pourquoi tu ne veux pas qu’ils vivent ?

Qu’ils se posent sur ton dos,

Qu’ils soulagent mon esprit ?

Leur invasion est trop lourde à porter

Je dois pouvoir les envoyer valser

Sur une douce feuille de papier…

Mais cette putain de feuille blanche

Me nargue de sa pureté, pas un mots

Même pas une musique, alors qu’il y a tant…

Mais tu ne dis rien.