Laisse-moi n’être

Laisse-moi être ta sœur, celle à qui tu tiens la main
Les jours pluvieux, les jours vides, les jours chagrins
Laisse-moi être l’épaule que ta tête choisit pour nid
L’allégeant comme elle peut du mal qui l’envahit

Laisse-moi être celle qui veille contre les cauchemars
Comme une petite lueur d’espoir quand tout est trop noir
Celle qui reste à sa place et t’observe devant la glace
Celle qui écrit de belles histoires quand le vent te casse

Laisse-moi être quelqu’un avec qui tu peux rire
Sur tout ce qui déconne du matin jusqu’au ivre
Sur tout ce qui ne l’est pas, mais qui le deviendra
Laisse-moi me poser là, quelque part sur ton sofa

Laisse-moi être celle que je ne veux pas vraiment
Être. Mais celle qui est… Là. Depuis déjà longtemps
Laisse-moi pousser ta porte, laisse-moi entrevoir
Derrière, plus loin. Laisse-moi la place au fond du bar

Laisse-moi t’inventer tout ce que tu ne sais pas encore
Laisse-moi détester celles à qui tu donnes ton corps
Et puis te consoler de celles que t’as aimé peut être ?
Laisse-moi une place, laisse-moi t’écrire cette lettre.

Laisse moi être ton abri des pluies de ça ne va pas,
Qui s’abattent sur toi, tu sais je connais ça, …
Moi, je n’ai pas besoin d’épaule sur qui poser les maux
Je les laisse dériver et se perdre dans de troubles eaux

Laisse-moi être ta sœur, laisse-moi être un lien de sang
Comme mon cœur sait bien, ne demande pas d’enfant
Comme mon cœur sait bien qu’il aime à sens unique
Il balance cette prière à la mer, attachée à une brique

Et il en écrit une nouvelle, et encore une nouvelle
Me laisse construire une maison dans laquelle
Personne ne peut entrer à moins de s’y noyer
Dans le fond d’une bouteille à la mer jetée…

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