L’année dernière, je posais des conversations sur papier, elles ont pris un sens. Elles sont devenues une histoire et enfin une pièce. Ma pièce. Que dire de plus, ça doit être ça donner naissance… 

Je vous invite à mon accouchement alors, les vendredi 2 et samedi 3 juin 2017 à Pérenchies, 20 heures. Vous retrouverez sur scène Murielle, Pauline et Sarah.

Texte disponible :

http://www.thebookedition.com/fr/les-faits-mere-p-350598.html

J’en ai rêvé, j’en ai parlé, j’ai pas osé, j’n’ai pas trouvé, j’ai baissé les bras, je me suis dit que ça ne servait à rien, j’ai arrêté, j’ai repris, j’ai aimé, j’ai écouté, je me suis demandé pourquoi, et aussi pourquoi pas, j’ai continué, j’ai été bousculée…

Beaucoup de « je » grâce à vous.

Voilà, il est là, il s’est matérialisé pour mon plus grand bonheur : aboutissement…

MERCI !

Disponible ici, clic clic :

Qui ne se raconte pas des histoires ?

 

 

Par la fenêtre, je vois des corps qui avancent

Je les vois passer dans un sens ou en contre sens

Je les vois seuls, puis à deux, puis à nouveau seuls

Ou alors à trois, un instant, puis à nouveau seuls

Le temps d’ici, il passe comme ailleurs. La pluie

Cache leurs visages, mais ils sont toujours gris

Quand elle cesse, le gris reste dans leurs yeux

Je n’arrive plus à être vraiment triste pour eux.

 

Par la fenêtre, je vois des bateaux emplis d’espoir

Partant trop plein, trop tôt, pour arriver trop tard

Des marins mémorisent le visage de leurs enfants

Quand ils reviendront, ils seront déjà plus grands

Je vois des femmes pleurer l’absence, et d’autres.

D’autres qui lèvent déjà l’encre vers un horizon autre

Par peur de la tempête amenant la solitude. La mer

Et ses vagues sont gourmandes ; quel appétit amer.

 

Par la fenêtre, je vois beaucoup de bagages, lourds

D’un vide qu’une vie ne peut combler. Trop sourd,

Le monde qui nous entoure. Je ne les entends pas !

Ses voix qui passent sans cesse devant chez moi

Pourtant, elles doivent radoter quelques histoires

De celles qui traversent le temps et nos mémoires ;

Qui dépassent les frontières et restent incroyables

Inspirant certains même à en écrire quelques fables

 

Par la fenêtre, je vois cet homme, le beau paumé

Il passe souvent ne sachant pas où il faut se poser

Peut-être le seul qui ne passe pas à côté de tout

Puisqu’il ne cherche rien et n’en voit pas le bout

Mais à force de chercher, il oublie que l’essentiel

Etait là, sous son nez, et qu’il est parti, avec elle.

Parfois, j’ai bien envie de lui donner un tour de clés.

Egoïsme… Je ne le verrai plus s’il trouve la liberté …

 

Par la fenêtre, je vois une plume dans la folie du vent,

Tournant comme une valse à n’importe quel temps

Je l’attrape du bout des doigts pour quelques heures

Histoire de la dessaouler de ses propres leurres.

Si je la laisse seule sur un nid de feuilles vieillies

Peut-être fera-t-elle naître des mots choco-vanille

Qui couleront comme le fleuve vers son océan ?

Même si ce n’est qu’une plume de pigeon, finalement …

 

Par la fenêtre, les chiens en laisse ont l’air content !?

Les mômes inventent et découvrent les jeux d’enfants

Une balle de l’un d’eux a brisé le verre de ma tour

J’ai mis du scotch mais depuis le vent entre toujours.

C’est fou comme une cicatrice change notre regard

Ils sont devenus plus flous les gens devant la gare

Ceux qui attendent, ne bougeant pas, pour aller là-bas

Certainement ceux que je vois pour la dernière fois …

 

Par la fenêtre, je vois cette belle princesse idiote

Croyant que l’amour frappera tout seul à sa porte

Un bijou en diamant glacé, persuadé que sourire

Est un luxe pour les faibles. Elle refuse de se l’offrir.

A vouloir se prendre pour une étoile et à trop briller

Son prince la verra à peine quand crèvera l’éternité.

Finalement elles seront des milliers dans le ciel …

Pour le moment de ma fenêtre, je ne vois qu’elle.

 

Par la fenêtre, je vois un arbre pousser, un hêtre

C’est beau d’être un arbre si on choisit de n’être.

Le soleil se projette sur ses feuilles longuement

Je me demande si d’ailleurs ils ne sont pas amants …

Je sais qu’un jour il sera trop grand. Il me cachera

Tout ce petit monde que je vois vivre de chez moi.

Mais en attendant, j’ai encore mes yeux et ma tête

Et vous, racontez moi, que voyez-vous par la fenêtre ?

L’âge n’a pas d’âge, retrouver ses 15 ans n’est pas un miracle, c’est un sentiment de liberté intense. Attendre 20 ans, avant de voir en « vrai », et voir en vrai… Patience et caprice, deux amis-ennemis qui parfois apportent leurs fruits.

 

J’ai eu 15 ans deux fois en si peu de temps. Je me suis retrouvée à sauter dans tous les sens sur des sons rock qui n’existaient qu’en album CD (et oui je suis encore de cette génération qui achète la musique.) pour mes oreilles. J’ai eu des étoiles dans les yeux en voyant un artiste qui a été des années durant, accroché au dessus de mon lit sous forme de poster. 

 

J’ai eu cette sensation dans le ventre que les années n’avaient rien changé, et qu’elles ne changeront que mon visage et mon corps. Ma tête retrouve ses 15 ans, ses 20 ans, sur simple demande et ça c’est bon !

Ne pas devenir complètement adulte, ne pas devenir une personne que l’on juge, que l’on n’aime pas, ne pas devenir mais continuer à être.

Tous les chemins ne mènent pas à l’Homme.

 

Merci aux surprises que la vie apporte, qu’elle ne s’arrête pas là, mes oreilles en veulent encore, mes pieds trépignent, mon cœur s’emballe et ma tête à tellement de mots à crier.

L’âge n’a pas d’âge, et quand mon corps me lâchera petit à petit, je reviendrai ici dans ses souvenirs d’enfant gâtée.

 

Je pensais pouvoir accrocher des mots plus justes sur les sentiments éprouvés lors de ces concerts, mais je n’y arrive pas, je pense que c’est trop intime, trop bruyant. Alors je vous souhaite un jour, si ce n’est déjà fait, de retrouver vos 15 ans… Et de vivre en musique !

 

« Le monologue intérieur est un procédé de narration littéraire. Ce procédé a pour particularité de suivre les pensées d’un personnage … »

 

  Extrait d’une pensée d’un personnage ne ressemblant qu’à lui-même… :

 

« J’aurais dû

J’aurais dû, quand je l’ai vu,

J’aurais dû…

Mais voilà, je ne pensais pas

Si j’avais su…

Si j’avais pu imaginer

Qui peut croire ça ?

J’aurais dû lui répondre,

Si j’avais su,

Mais comment savoir ?

J’aurais dû lui écrire

J’aurais dû lui sourire,

J’aurais dû,  

Mais pourquoi est-ce si difficile à dire ?

AAARRrrrrgghh je me gonfle,

Je vais m’envoler si ça continue…

J’aurais dû, j’aurais dû mais j’n’ai pas alors voilà !

Me voilà à tourner en rond,

A regretter comme un con !


Allez, y’est pas trop tard,

J’y vais, non je lui écris, voilà

Bonne idée… »

 


 

 

Moi aussi, j’ai oublié de vous dire quelque chose cette année, et il n’est pas trop tard…

 


JE VOUS AIME…

 


Je vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année,

et surtout n’ayez pas de regrets,on n’a pas le temps !

 

 

 

 


 

Rodrigue – Regrets

 

« Chers voisins,

 

Pas que je ne vous aime pas, non c’est pire, votre manque de respect m’accable. Je comprends mieux qu’un pays puisse partir autant en cacahuète quand on réalise que le respect entre voisins n’est plus. Mais ne changeons pas de sujet….

Surtout quand on choisit de vivre dans des immeubles anciens, sans isolation phonique ultra performante. Bien sûr je conçois que chacun a le droit de vivre chez lui comme il le souhaite, a le droit à son intimité! Mais justement l’intimité…

 

Votre intimité me fait peur, vos cris dignes d’un film porno pour animaux en manque d’érection ; vos gémissements qui cassent net toute envie de faire l’amour, mais à la limite donne envie de voir comment l’homme peut redevenir aussi bestial. Et vos mots doux… Vous avez lu « cinquante nuances » peut-être? Vos exercices « amoureux » me rendent tout simplement dingue.

Pas que je sois frustrée, ni jalouse, n’interprétez pas mal mon supplice, non, je suis juste emmerdée à chaque fois que je souhaiterai dormir…

 

Je ne sais pas, trouvez une cage digne pour votre reproduction, ou un producteur qui rêve d’avoir des doublages rigolos, ou alors variez les plaisirs, faites ça dans votre voiture, le dimanche midi en même temps qu’une série merdique de TF1. Bâillonnez-vous ! Ou apprenez à le faire sans accentuer vos jouissements, qui je pense sont plus de la simulation tellement ils sont répétitifs. Oui vos cris ne sont même pas crédibles…. A la limite quand Monsieur termine, et encore « Putain, putain, putain… » manque de romantisme et d’originalité…  Ils sont juste casse-couille dans ce petit immeuble où je passe mes nuits. Bercez-moi d’un bon vieux lit qui grince, et qui laisse l’imagination y voir de l’amour, de la sensualité, des corps qui se font plaisir… des petits gémissements sincères…

 

En tout cas, chers voisins, j’espère que vous savez la chance que vous avez de vous être rencontré, … Bref, chacun ayant le droit de faire ce qu’il veut chez lui, je tiens juste à vous informer que dorénavant à chaque fois que vous m’empêcherez de dormir avec vos imitations de cris d’animaux de la ferme, tel le baudet, je partagerai mes mauvais goûts musicaux avec vous. Ma « Play List » se composera de Chantal Goya, Patrick Sébastien et autres fanfarons. Quitte à passer une nuit de merde,  je ferai comme vous, je partagerai…

 

Bien à vous. »

 

Souvent, très souvent, je vous écoute, je vous vois, je vous hume, je vous regarde, je vous croise un instant et je vous imagine. Je vous invente des histoires, des prénoms, je pioche des mots de vos conversations, je vole vos sourires, ou l’aperçu d’une larme qui coule. J’happe vos sentiments, où ce que je crois être vos sentiments. Souvent, tous les jours, je vous vis. Parce que vous êtes réels, même si quelques fois c’est dans ma tête que vous vous promenez….

Alors je me suis dit, je vais tenir votre journal. Je vais écrire vos histoires, je vais les marquer dans le temps, quelque part. Quelque part, ce sont vos vies qui créent l’histoire…

Voici un extrait :

Le journal de Fleur

 


Jeudi 17 octobre 2013

 

Il y a des choses qui se découvrent, qui ne s’apprennent pas … Voilà ce que je lui ai répondu. Il était beau, naturellement beau, malgré ses extravagances d’enfant. Ces dessins sur cette peau si claire, pour la cacher, un peu de pudeur, qui sait ? Moi je ne lui ai pas demandé, je n’ai tout simplement pas osé, je plongeais mon regard sur mes mains plutôt que dans ses yeux, c’était plus simple ! Et en même temps j’en disais déjà beaucoup avec ce refus de le voir me voir. Lui l’espoir même que tout, tout peut recommencer un jour, si on le souhaite vraiment.

Mais il y a des choses qui se découvrent, qui ne s’apprennent pas… A cet instant précis, j’aurais aimé ouvrir une parenthèse sucrée pour être cette chose qui se découvre…. A cet instant précis si j’avais pu… Quelques secondes seulement.

Il était encore là, je pense qu’il souriait. Je souriais à l’idée de ses pensées mais n’osais toujours pas le regarder. Il a laissé la porte ouverte en sortant, comme une invitation discrète.

Vous allez me demander ce que j’ai fait ? Et bien je vous répondrais qu’il y a des choses qui se découvrent, qui ne s’apprennent pas…

 

Fleur,

toujours aussi petite …

 Lui à Elle

 

Ainsi vous me répudiez ? Vos sentiments s’estompent

Vos paroles sont vaines, si ainsi vous me chassez !

A peine le dos tourné, vous allez m’effacer, je ne me trompe ?

Pourquoi cette colère à l’idée de vous perdre à jamais ?!

 

Je vous hais de m’avoir réveillé, sans prévenir.

Je vous hais ! Vous m’envoyez à nouveau seul sur la route

Je vous hai…me, libre est mon cœur d’enfin vous le dire

Attendez-moi encore un peu que j’enterre tous mes doutes !

 

Oui mon amie, vous avez réussi, vous avez gagné…

Vos mots ont atteint leur but, et mes mains attendent maintenant

Votre visage, votre corps, tout ce que je n’ose imaginer !

Mon corps brûle de désir… Vous goûter tendrement …


L.

Elle à Lui

 

Est-ce cela que vous voulez ? Que je me donne ?

Alors que vous m’avouez vos peurs et me repoussez ?

Peut être voudriez-vous aussi que je me fasse nonne ?

Je pars dans l’extrême, car je ne sais où aller…

 

L’envie de me battre dépasse l’envie de vous oublier

Je ne puis m’y résoudre, de toute façon qu’est ce que ça change ?

Rien à votre vie, tout à la mienne. Nous sommes à égalité

Je laisse mon cœur à ses rêves, voler tel un ange.

 

Vous, cher ami, oubliez-moi et vivez votre vie !

Profitez de votre liberté, qu’elle vous comble le cœur

Comme le mien fût comblé avant que l’amour prenne vie

Partez vers ce chemin, sans nous jamais, il est plus que l’heure !

 

E.

 Lui à Elle

 

Mon amie,

 

Le vide ce n’est pas rien, puisqu’il se remplit

Votre demande m’est impossible vous le savez !

Mes mains ne peuvent toucher à votre vie

Je prendrai bien des risques et ainsi tomber …

 

L’amour, chère amie, est en effet une douleur,

Je m’y protège chaque jour, souffrir n’est pas mon fort.

Croyais moi je connais, j’ai eu aussi mon heure

Où mon cœur s’est abandonné… A-t-il eu tord ?

 

Oh je ne sais ! Depuis il a peur, voici mon aveu.

Je ne peux vous faire plus beau cadeau !

Vous êtes jeune, ne vous frottez pas aux dagues, aux pieux

Votre cœur doit battre par monts et par vaux !

 

Jouissez comme moi de la liberté de ne pas aimer

Jouissez comme moi d’avoir connu l’amour une fois

Parez-vous de vos plus beaux atouts et jouez !

Donnez votre corps à d’autres, et oubliez-moi …

 

L.