Laisse-moi être ta sœur, celle à qui tu tiens la main
Les jours pluvieux, les jours vides, les jours chagrins
Laisse-moi être l’épaule que ta tête choisit pour nid
L’allégeant comme elle peut du mal qui l’envahit

Laisse-moi être celle qui veille contre les cauchemars
Comme une petite lueur d’espoir quand tout est trop noir
Celle qui reste à sa place et t’observe devant la glace
Celle qui écrit de belles histoires quand le vent te casse

Laisse-moi être quelqu’un avec qui tu peux rire
Sur tout ce qui déconne du matin jusqu’au ivre
Sur tout ce qui ne l’est pas, mais qui le deviendra
Laisse-moi me poser là, quelque part sur ton sofa

Laisse-moi être celle que je ne veux pas vraiment
Être. Mais celle qui est… Là. Depuis déjà longtemps
Laisse-moi pousser ta porte, laisse-moi entrevoir
Derrière, plus loin. Laisse-moi la place au fond du bar

Laisse-moi t’inventer tout ce que tu ne sais pas encore
Laisse-moi détester celles à qui tu donnes ton corps
Et puis te consoler de celles que t’as aimé peut être ?
Laisse-moi une place, laisse-moi t’écrire cette lettre.

Laisse moi être ton abri des pluies de ça ne va pas,
Qui s’abattent sur toi, tu sais je connais ça, …
Moi, je n’ai pas besoin d’épaule sur qui poser les maux
Je les laisse dériver et se perdre dans de troubles eaux

Laisse-moi être ta sœur, laisse-moi être un lien de sang
Comme mon cœur sait bien, ne demande pas d’enfant
Comme mon cœur sait bien qu’il aime à sens unique
Il balance cette prière à la mer, attachée à une brique

Et il en écrit une nouvelle, et encore une nouvelle
Me laisse construire une maison dans laquelle
Personne ne peut entrer à moins de s’y noyer
Dans le fond d’une bouteille à la mer jetée…

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Parfois la réalité rattrape la fiction
Et on se demande pourquoi
Est-ce qu’il n’y a pas un bouton ?
Qui dit mais non ce n’est pas ça ?!

Regarde, je vais bien, je suis là !
Mais non tu n’es plus il parait…
Ça fait un vide au fond de moi
Parce que les années, les années

Comme une évidence tu es là
Toujours, tu parles trop, mais
Mais maintenant qui le fera ?
Je compte plus de vingt années

Hier soir encore, en pleine fiction
Et aujourd’hui, c’est toi qui pars
Impossible, on lui disait tous non !
Mais elle frappe toujours, au hasard…

Comment allons-nous faire maintenant ?
Qui sera là, avant, pour annoncer
Le spectacle continuera surement
Avec un goût de larmes salées.

Parfois la réalité rattrape la fiction
Et je me demande pourquoi ?
Mais il n’y a pas de solutions…
Je sais juste que je n’oublierai pas.

A Francis…

Je me suis retrouvée là devant eux
Je ne connaissais pas grand monde
Je me suis sentie petite. Moi et eux
Je tremblais bien trop à la seconde

J’ai monté les marches, seule
Avec mes boules au ventre, oui mes :
La tristesse, le trac, eux, moi seule
Toi là, si petit aussi, j’ai pleuré

A te savoir seul, là à quelques pas
Un papier froissé à la main, j’ai tenté
De parler, de te parler encore une fois
Mais c’était différent, le silence hantait

On ne me connaissait pas ou peu
Alors je ne savais pas si je pouvais
Tu sais si je pouvais leur dire à eux
Les mots que je t’avais tartiné

J’ai fermé les yeux, très fort, trop
Pour qu’elles arrêtent de tomber
Les larmes sur mon encre de stylo
Et j’ai eu envie de rire et de chanter

Envie, parce que quoi d’autres ?
Tu aurais aimé ! Mais j’ai parlé,
Tout bas, rien qu’à toi, pas aux autres
Ma haine, mon amour : envolés

Tout a coulé le long de mes mots
Avalanche retenue depuis longtemps
Trop, toujours trop, on attend trop
Avant d’abattre sa pluie de sentiment.

Cette lettre je la garde précieusement,
J’essaierai de te l’envoyer avant
Avant, pas trop tard, j’essaierai
Si le réveil sonne à temps… Avant.

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« Comme deux amants en mal d’amour
Vivant le bonheur fugace de se mélanger
Sans promesse sur le chemin du retour
Écrasant juste l’ennui d’une vie fissurée. »

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« Comme un verre de trop peut tout saccager
Quand modérément il n’apporte que des rires
Avec abus, on en crève par les larmes, noyés
En se demandant mais qu’ai-je bien pu dire ? »

Fais moi danser sur la lune,
Mais ne la décroche pas papa
Tu sais que c’est bidon tout ça

J’veux juste y poser les pieds
Afin de ne plus y avoir ma tête
C’est fatiguant les peut-être

Dis moi que tout est possible
Que c’est pas grave les conneries
C’est comme ça qu’on grandit

Fais moi danser sur la lune,
C’est tellement bon de tourner
Mélanger la tête, les pieds

Avoir le tournis de l’oubli,
Vide et libre en apesanteur
Écraser toutes nos peurs

Dis moi que tout est à vivre
Que les choix et le temps
Ne sont pas de bons amants

Fais moi danser sur la lune
Mais ne la décroche pas papa
Les promesses c’est pas pour moi

J’veux juste tourner, tourner
La tête à l’envers, à l’endroit
Et me souvenir juste de ça, papa.

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La rencontre du mauvais moment
Qui n’aura jamais lieu pourtant
Chaque chose avait son temps
En son temps où il courait au vent

La course de l’impossible et puis.
Un vaudeville qui fait sortir l’un
Quand l’autre ouvre enfin sa vie
Croisement interdit de deux mains

Demain, qu’importe le jour, l’heure
Il ne sera pas temps de se rencontrer
Quête d’une éternelle bonne heure
Qui n’arrivera jamais au temps d’aimer.

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L’enfant errant qui passa devant moi
Avait des cheveux blancs par-ci, par-là.
Il avait l’air soucieux d’un vide à combler
Peut être est-il un enfant oublié ?

Je ne sais pas vraiment son âge et même si
Je savais il ne fait pas tout ce temps de vie.
C’est un visage d’enfant aux cheveux blancs
Par-ci, par-là, un visage qui encore attend.

Du genre qui ne se laisse pas apprivoisé
Mais qu’on a envie, sans cesse, de regarder
Certainement pour être là, à l’instant
Ou il arrêta d’attendre après son moment

Je n’ai pas d’autres mots, il attend quoi ?
Réellement je ne sais pas ou si je crois.
Mais je ne peux parler à la place de l’enfant
La vérité sort de sa bouche, et pourtant.

J’avais envie de lui tendre ma main et puis
Je crois que je l’ai fait mais je suis qui ?
Ils ont raison ne pas faire confiance :
Aux grands on ne fait pas de confidences.

Même à moi qui me sens plus petite que lui ;
Il sait pas quand il passe son bout de vie
Trop près de moi, que moi aussi j’attends
Et naissent mes premiers cheveux blancs

Par-ci, par-là.

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    Je vais me coudre des poches à air
    Pour me stocker tous mes courants
    Ce vent des champs qui connait l’air
    Ce chant du vent que nul n’entend

    Une récolte de musique silencieuse
    Une course entre le ciel et la terre
    Entre rock envoûtant et berceuse
    Le genre qui ne manque pas d’air

Stop ! Tu le sens ?
Le temps, tu le sens ?
Il passe devant
Derrière
Il passe toujours
Ne le vois-tu pas ?
Il coule bruyamment
Il trépigne
L’impatient
Prends-le !
Avec qu’il ne te prenne
Allonge-le sur le fil
Étends-le !
Et temps, pourquoi ?
Pourquoi, es-tu si pressé ?
Stop !
Et toi tu le sens ?
Le temps qui passe ?
Devant, derrière, toujours
Vois-le mais surtout
Ne le regarde pas passer.

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Trop de lumières s’éteignent
Et moi j’ai peur dans le noir…

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Si je souffle sur les bougies du monde
Si le jour s’enfuit à chaque seconde
Si j’éteins tous les feux de mon cœur
Certainement que, moi aussi, je meurs…

Mais trop de lumière s’éteignent
Et moi j’ai froid dans le noir….

Même si les étoiles brillent plus fort
C’est toujours mieux vivant que mort.

Trop de lumières s’éteignent
Et moi j’ai peur dans le noir…