Il n’a pas de nom, je n’ai pas le droit,

De le citer quand il n’est pas là,

Mais je peux parler de ses deux billes bleues,

Celles qui brillent et lui donnent l’air amoureux !

Soutenir son regard, révèle de l’exploit,

Et soulève ma poitrine un peu plus chaque fois.

 

Il n’a pas de nom, je n’ai pas le droit,

Une femme mariée n’a pas le choix,

De se cacher pour protéger sa liberté,

Sa liberté de replonger dans ces yeux-là,

L’attente est récompensée si je les vois briller,

Quelques heures, près de mon cœur, et même plus bas…

 

Il n’a pas de nom, je n’ai pas le droit,

D’en parler, il est pour vous,… Peut être un roi ?

Il est bien le mien quand il s’invite chez moi.

Ses yeux réveillent la souveraine qui dort en moi,

Et m’emmènent dans un céleste espace-temps

Qui fatalement ne dure jamais assez longtemps….

 

Il n’a pas de nom, je n’ai pas le droit,

De le dévoiler à nu comme ça.

Mais dés que j’entends le tonnerre gronder,

Je sais qu’il va venir me foudroyer,

Des ses yeux si parfaits et me voler,

Pour quelques heures… Moi… Mais je ne peux résister.

 

Il n’a pas de nom, je n’ai pas le choix,

Je cherche  pourtant, mais n’en trouve pas,

Qui égale la beauté de son impénétrable regard,

Il n’a pas de nom, il vit en moi, c’est mon pêché,

Ma chimère, mon ivresse, mon délice, mon satané

Fantasme quand je me retrouve… Seule le soir…

Ne te moque pas des vieux!

Avant ça, interroge leurs yeux,

Tu verras ce que tu ne sais pas,

Je te ne parle pas de leurs guerres, et de leurs croix…

 

Mais si tu pensais être le premier à chopper,

A l’arrière de ta voiture, une dulcinée,

Demande lui à ton grand-père,

Comment il a connu ta grand-mère !?

 

Ne te moque pas des vieux,

Et ne pense pas qu’ils soient tous gâteux,

Ils ont juste levé le pouce,

Pour s’accorder une fin plus douce.

 

Si tu pensais être le premier routard,

A découvrir la Guinness  et le pétard.

Demande lui à ton vieillard,

S’il n’avait pas l’âme d’un fêtard ?

 

Ne te moque des vieux, enfin des ainés,

Même si certains sont cons, voir bornés,

Comme toi leur cœur aura servi à aimer,

Et maintenant ils sont juste fatigués.

 

S’ils ont tous, dans la rue,  au bout d’une corde,

Un caniche, un bichon, un basset, un yorkshire,

C’est parce qu’leurs amis sont tous au cimetière,

Et la famille dans l’porte monnaie… Miséricorde.

 

Ne te moque pas des vieux, peut être qu’un jour,

A toi aussi ça arrivera, ce « non retour »,

Promenant ton shih tzu, tu les regarderas passer,

En te disant qu’ils ne savent rien, tous ces débauchés,

Les jalousant que ta jeunesse à toi, soit déjà usée.

 

 

 

"Rose,

 

Si je t’écris ce soir, cette lettre,

A toi partie intégrante de mon être,

C’est parce qu’il faut que tu saches.

 

Je ne pouvais planter la graine que dans mon jardin,

Mais mon jardin de terre, de fleurs, de ruisseaux, de nains.

Pas celui où tu aurais dû pousser pendant neuf mois…

 

C’est dans ce jardin que je te vois fleurir et grandir, tu es si belle!

Parfois rose, unique, rouge, seule, jaune, blanche, un peu rebelle,

Ce ne sont que des fleurs et pourtant c’est toi que je vois…

 

Toi que mes bras ne berceront jamais,

Toi à qui mes mots ne serviront pas,

Toi que je ne verrais pas dans les flaques d’eau sauter,

Toi à la peau douce que mes doigts ne toucheront pas.

 

Tu es la seule fleur qui n’enchantera pas ma vie.

Ma Rose, te voir grandir dans ce monde ne m’est pas permis,

Et tu seras le seul vide, dans lequel je ne tomberai pas…

 

Mais je ne suis pas égoïste, tu comprends,

Combler une maman de joie, est ce suffisant,

Pour naitre dans un monde dirigé par des méchants, des pas comme toi ?

 

Rose, je regarde les autres enfants, est-ce l’avenir ?

Peut être qu’une fois adultes, ils vont venir et nous dire

Qu’ils n’avaient pas demandé à naître dans ce monde là ?

 

Rose, toi la petite fleur fraiche que je n’aurai pas,

Toi que je ne verrais pas dans la cour d’école jouer,

Toi qui ne diras jamais "maman"… "papa" ?

Toi que mes yeux imaginent, mais ne verront pas.

 

Rose, si je m’écris cette lettre ce soir,

C’est pour me convaincre, ou ne plus m’raconter d’histoire,

Le temps passe comme ta couleur, et sans papa, ta graine en moi ne poussera pas…"

 

Alors être ou tout blanc ou tout noir comme le vilain p’tit canard?

Mais parfois le cri des canards m’agace un peu, 

Dans ces moments où le silence est ce qui me va le mieux.

Parfois ta présence dans mes bras sonne creux,

Dans ces moments où je ne veux pas devenir comme eux.

Alors être ou tout blanc ou tout noir,

Blanc comme un message de l’espoir ?

Mais parfois le message se perd et l’espoir s’égare,

Dans ce monde de labyrinthe qui ne rejoins aucune gare,

Parfois on trouve le message et oups, le vent l’emporte plus loin sur le trottoir,

Dans ce monde où les cris écrasent le son des guitares.

Moi je ne veux ni du blanc, ni du noir,

Je veux être le mouton qui s’égare,

Vivre loin du troupeau, tête baissée,

Sur l’avenir, tête baissée sur la vie.

Moi je veux vivre la tête en l’air et baiser

Le soleil de mes yeux et oublier votre ennui.

Moi je ne veux ni du blanc, ni du noir,

Je veux être le mouton qui s’égare,

Vivre prêt du troupeau au coeur blessé

Par les idéaux, coeur blessé par l’amour.

Moi je veux vivre le coeur léger et baiser

Les pieds de ma liberté pour toujours.

Alors être ou tout blanc ou tout noir

Etre la brebis qui se tient à l’écart,

Etre l’échelle et le chat noir,

Etre la dernière porte du couloir,

Et si la lumière au fond du tunnel était noire?

Alors être ou tout blanc ou tout noir,

Etre le pauvre pilier de comptoir,

Etre le gérant de milliers de dollars,

Etre celle qui s’raconte des histoires,

Etre celle qui sort de ce brouillard ?

Moi je ne veux ni du blanc, ni du noir,

Je veux être le mouton qui s’égare

Vivre loin de la ronde du troupeau

Vivre dans un monde que je rendrai beau

Moi je veux vivre sans berger et déposer

Sur tes lèvres, un dernier baiser.

Ce matin, je ne savais pas quel horoscope choisir,

Pas besoin d’argent, ni de fanfreluches, pas envie de rire,

Pas de patron à subir, pas de moral, rencontrer l’âme soeur ?

Cancer ? Poisson ? Taureau ? Lion ? Mais quel leurre !

J’ai laissé tomber l’horoscope au chiotte,

Au moins je ne passerai pas pour une idiote.

Même si aujourd’hui encore, je vais poireauter,

Et les lignes blanches du ciel, je vais compter.

A regarder tous ces avions, je vais avoir le tournis,

L’envie de vomir sur ma vie, et il n’est que midi !

J’ai choppé un bouquin, un vieil Harlequin,

L’héroïne est sublime et son amant taquin.

Leur amour est romanesque, est-ce encore possible ?

Ah ouai, c’est vrai, c’est une femme qui l’a écrit….

Sur le fauteuil, je l’oublie,… quelle longue journée pénible,

A attendre qu’un truc se passe dans ma vie.

Ce soir encore, je vais sortir, profiter soit disant,

Tenter de séduire dans tout ce bruit, vivre la nuit pleinement,

Mais cette fois, l’héroïne sera moins sublime,

Une fois entré dans mon sang, quel abîme…

De son bord, je bois encore quelques vodkas,

Si je dois sauter, j’veux plus savoir pourquoi.

De son bord, je vois encore tes yeux posés sur moi,

Je ne sauterai pas, je ne te rejoindrai pas là bas!

Sautera, sautera pas, c’n’est qu’une question de toi.

Et désaoulée, en plein émoi, je rentre enfin chez moi,

Le jour se lève et je survis à cette nuit sans toi.

Peut être qu’aujourd’hui, dans les nuages,

Allongée à patienter, j’y verrai ton visage ?

Peut être qu’aujourd’hui, dans les nuages,

Allongée à patienter, j’y verrai un message ?

Et les lignes blanches, pas celle du ciel, et la vodka,

Et toutes ces voix, ce soir, m’aideront à l’oublier….

Sautera, sautera pas, c’n’est qu’une question de toi.

Il faut oublier ce qui fait mal,

Mais avant ça, retenir la morale.

Avancer sans trop se retourner,

Le temps passé, n’est que du temps de gagné.

 

Décrocher ses boulets, un à un,

Et se reprendre par la main,

Se dénuder de ses regrets et accueillir

Les surprises, la nouveauté, les rires!

 

Tout ce gratuit que tout le monde oublie,

Ce n’est pas pour les visages, le gris!

Non! Révolutionnez tout avec des couleurs!!!

Et jetez vos montres, plus besoin d’heure….

 

On se fiche d’avoir tort ou raison,

Mais faut avancer libre et léger…

On se fiche d’être né fille ou garçon,

Mais faut avancer, respirer, espérer…

 

Il faut prendre le premier train,

Ou de sa voiture, vider son plein.

Mais partir, fuir vers notre avenir,

Loin de ceux qui nous pousse à haïr

 

Arrêtons d’être naïf, c’est joli mais futile!

On a pas le temps, la vie c’n’est pas une île.

Magique ou paradisiaque…, non, … c’est un combat!

Alors savourons chaque moment, et CHANGEONS LA !

A trop idéaliser le confort de tes bras

A trop entendre les cris sous les draps

J’ai bien peur de tomber de haut

De trop haut, pour ne pas réellement sauter !

 

A trop imaginer notre premier baiser

Sous la pluie, sur un pont, enfin je pensais…

J’ai bien peur, dans ta bave de me noyer

De remplir un seau et de m’y jeter !

 

Mais pour le moment, j’attends le grand frisson

Pour le moment, je cherche comment le faire naitre !?

 

A composer à chaque fois ton parfum

A envisager ton souffle se posant sur mes seins

J’ai bien peur de perdre mon odorat

Et l’asphyxie sera mon premier tracas !

 

Mais pour le moment, j’attends le grand frisson

Pour le moment, je cherche comment le faire naitre !?

 

A me projeter dans un chez moi, chez toi

A repeindre les murs, à en faire n’importe quoi

J’ai bien peur de me réveiller à 50 ans

Et d’avoir perdu le temps où j’avais encore le temps !!!!

 

Le temps où je n’imaginais rien avec toi

Le temps où tu n’étais rien dans mes yeux

Le temps où je n’songeais pas à ton pieu

C’putain de temps qui nous rend vieux !

 

Mais pour le moment, j’attends le grand frisson

Pour le moment, je cherche comment le faire naitre !?

 

Mais je ne peux pas à ce point me planter ?

Dans mes idéaux, y’a forcement une part de vérité !!

Un 7 ème ciel, langoureux, qui peut me sauver !?

A moins que je ne me sois trompée, peut être es tu …  !?!!

 

 

Donnez-moi une feuille et un stylo,

Et je récris le Monde, je repars à zéro!

Bien sûr que le laid sera laid, pour que le beau soit beau…

Bien sûr que le mal existera, mais que le bien régnera…

Mais si on mêle l’ivresse à la sagesse, on obtiendra?

Un léger goût de liberté, en tout cas, on y croira…

Si on n’se retient pas d’aimer, si on se laisse juste porter

Si on se disait que demain, c’était hier en plus léger,

Si aimer n’alourdit pas nos cœurs mais les fait avancer ?

Si chaque seconde d’une journée nous rappelle ce qu’est la vie ?

Peut-on Docteur se retenir d’aimer? L’envie,

D’ouvrir son cœur pour croire en un monde meilleur

Au prix de sa liberté, ne serait-ce qu’une journée, Docteur ?????