« Une foule de gens se figure que le but de la poésie est un enseignement quelconque, qu’elle doit tantôt fortifier la conscience, tantôt perfectionner les mœurs, tantôt enfin démontrer quoi que ce soit d’utile…

La poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’elle-même ; elle ne peut pas en avoir d’autres, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d’écrire un poème.

La poésie ne peut pas, sous peine de mort ou de défaillance, s’assimiler à la science ou à la morale ; elle n’a pas de Vérité pour objet, elle n’a qu’Elle-même. »

(Notice Edgar Poe)

L’absence, le vide au fond des mots,
Les réponses qui ne viennent pas
Les questions que l’on n’ose pas
Le vide au fond des verres …
Ceux qui ne riment plus à rien
Pourquoi les écrire alors en vain ?

Se réveiller trop tôt avec le chant des oiseaux

Et de jolies phrases plein la tête, on se dit

Qu’on va les retenir au lieu de les écrire

Sur un bout de papier toujours près de l’oreiller

On se dit que c’est joli, que ça fera un beau poème

Que ça change de tout ce qu’on entend…

On se dit qu’il est trop tôt pour se lever et

On oublie les jolis mots quand les pieds se posent

Sur le plancher, quand la tête se réveille

Pour une routine ; les oiseaux ne chantent  plus

Eux aussi ont du oublier leurs belles paroles

Et puis le temps presse, adieu les jolis mots

Je vais devoir en trouver d’autres, encore…

Pour les oublier quelques part sur l’oreiller.

Est-ce que tu l’imagines bien ? La fille au visage pâle dans le train ? Est-ce que tu as bien l’image, sa solitude sur le visage et la pluie battante de l’autre côté de la fenêtre fermée ? Tu l’as voit ?

Elle parait triste mais elle est juste dans l’attente. Attendre et rien ne se passe. Apprendre la patience, passer le temps comme on peut, avec qui on veut si on veut. Des fois on choisit la solitude, ce n’est pas triste, c’est mieux pour les autres… On attend un moment de quelques secondes, comme une décharge électrique. Un moment qui passe en laissant une trace. On attend une réaction sur un visage qui ne vient pas mais qui un jour arrivera. On attend une réponse à une question pas encore posée, alors forcément. On attend mais on ne perd pas son temps, on avance, on est dans le train. On est les uns derrière les autres à attendre un moment qui arrivera certainement. On avance tous, seul à attendre… Alors on a ce visage-là, celui de la fille du train qui parait triste. Alors on ne prend plus le train… On attend sur le quai.

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« … Oui, j’ai dormi sous le soleil, oui j’ai aimé ses bras
Mais les tiens, les retrouver, même s’ils sont froids.
C’est vrai, j’ai eu la « chance » de nager librement ;
Ne pas me soucier et vivre lentement, pleinement
Mais toi, même sombre, même sous la pluie, tu es
Chez moi, tu es là où je t’attends, repère vibrant
De mes jours, nuits, les deux mélangés en « jet lag »
Je me perds, je te trouve, alors on se sert, très fort…
Et c’est déjà ça, savoir que tu es là… Juste ça… »

Et cette minute de silence, après le discours :

Anecdote d’un coin de comptoir, d’un souvenir

D’un bon ami croisé sur un chemin trop court.

Quitter la route en silence, sans rien dire…

Et laisser tous ces gens, comme ça portant

Leurs cœurs lourds de larmes à bout de bras.

Pas tous, certains s’en fichent, heureusement

On culpabilise déjà de les voir comme ça, je crois.

Oui, je crois… Les souvenirs au creux d’un verre

S’échangent de partenaires, s’entassent, s’oublient

Se mélangent et font chanter parfois des airs

Des mains applaudissent, qu’elle continue la vie !

Et cette minute de silence, après l’émotion

Trop lourde ; c’est mourir une deuxième fois

Enfin je crois… Mais si je m’en vais compagnons

Ne laissez pas une minute de silence avec moi

Laissez-moi du bruit, laissez-moi vos histoires

Laissez-moi vous envahir et encore papillonner

Laissez-moi dans un livre, dans un verre, dans un bar

Laissez-moi un bout de route pour continuer !

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Laisse-moi être ta sœur, celle à qui tu tiens la main
Les jours pluvieux, les jours vides, les jours chagrins
Laisse-moi être l’épaule que ta tête choisit pour nid
L’allégeant comme elle peut du mal qui l’envahit

Laisse-moi être celle qui veille contre les cauchemars
Comme une petite lueur d’espoir quand tout est trop noir
Celle qui reste à sa place et t’observe devant la glace
Celle qui écrit de belles histoires quand le vent te casse

Laisse-moi être quelqu’un avec qui tu peux rire
Sur tout ce qui déconne du matin jusqu’au ivre
Sur tout ce qui ne l’est pas, mais qui le deviendra
Laisse-moi me poser là, quelque part sur ton sofa

Laisse-moi être celle que je ne veux pas vraiment
Être. Mais celle qui est… Là. Depuis déjà longtemps
Laisse-moi pousser ta porte, laisse-moi entrevoir
Derrière, plus loin. Laisse-moi la place au fond du bar

Laisse-moi t’inventer tout ce que tu ne sais pas encore
Laisse-moi détester celles à qui tu donnes ton corps
Et puis te consoler de celles que t’as aimé peut être ?
Laisse-moi une place, laisse-moi t’écrire cette lettre.

Laisse moi être ton abri des pluies de ça ne va pas,
Qui s’abattent sur toi, tu sais je connais ça, …
Moi, je n’ai pas besoin d’épaule sur qui poser les maux
Je les laisse dériver et se perdre dans de troubles eaux

Laisse-moi être ta sœur, laisse-moi être un lien de sang
Comme mon cœur sait bien, ne demande pas d’enfant
Comme mon cœur sait bien qu’il aime à sens unique
Il balance cette prière à la mer, attachée à une brique

Et il en écrit une nouvelle, et encore une nouvelle
Me laisse construire une maison dans laquelle
Personne ne peut entrer à moins de s’y noyer
Dans le fond d’une bouteille à la mer jetée…

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Il n’est jamais trop tard pour faire de belle rencontre, pour voyager de surprise en surprise,

pour se laisser emporter par les mots d’un autre :

« Et se dire que parfois, c’est joli d’être triste

Quand le cœur déborde, il écrit des océans

A nous de nous y noyer de temps en temps

En se laissant croire que pour quelqu’un, on existe. »

C-line

 

« Ne croyez pas que je sois en pause,
Même si parfois une pause s’impose…
Non, je travaille sur un autre projet
Un projet encore un peu secret

Pour plein de raisons, déjà pas terminé
Pas sur qu’il voir le jour comme je l’aimerais
C’est-à-dire sous toutes ses formes possibles
Là il est en montage de lettres et de styles…

Il avance à son rythme, plutôt bien
Il compte 40 pages et vogue vers la fin
Ensuite, ensuite,
La suite … »

Ses lignes

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Parfois la réalité rattrape la fiction
Et on se demande pourquoi
Est-ce qu’il n’y a pas un bouton ?
Qui dit mais non ce n’est pas ça ?!

Regarde, je vais bien, je suis là !
Mais non tu n’es plus il parait…
Ça fait un vide au fond de moi
Parce que les années, les années

Comme une évidence tu es là
Toujours, tu parles trop, mais
Mais maintenant qui le fera ?
Je compte plus de vingt années

Hier soir encore, en pleine fiction
Et aujourd’hui, c’est toi qui pars
Impossible, on lui disait tous non !
Mais elle frappe toujours, au hasard…

Comment allons-nous faire maintenant ?
Qui sera là, avant, pour annoncer
Le spectacle continuera surement
Avec un goût de larmes salées.

Parfois la réalité rattrape la fiction
Et je me demande pourquoi ?
Mais il n’y a pas de solutions…
Je sais juste que je n’oublierai pas.

A Francis…