Cette putain de foutue page blanche

Vierge de mots divins ou vulgaires

Qui a tant à dire et ne dit rien …

Je te demanderais juste : pourquoi ?

Pourquoi ne me laisses tu pas

T’envahir de mes folles pensées ?

Pourquoi tu ne veux pas du labyrinthe

De mes mots, se chamaillant là

Sur le bout de ma langue ?

Pourquoi tu ne veux pas qu’ils vivent ?

Qu’ils se posent sur ton dos,

Qu’ils soulagent mon esprit ?

Leur invasion est trop lourde à porter

Je dois pouvoir les envoyer valser

Sur une douce feuille de papier…

Mais cette putain de feuille blanche

Me nargue de sa pureté, pas un mots

Même pas une musique, alors qu’il y a tant…

Mais tu ne dis rien.

Se réveiller trop tôt avec le chant des oiseaux

Et de jolies phrases plein la tête, on se dit

Qu’on va les retenir au lieu de les écrire

Sur un bout de papier toujours près de l’oreiller

On se dit que c’est joli, que ça fera un beau poème

Que ça change de tout ce qu’on entend…

On se dit qu’il est trop tôt pour se lever et

On oublie les jolis mots quand les pieds se posent

Sur le plancher, quand la tête se réveille

Pour une routine ; les oiseaux ne chantent  plus

Eux aussi ont du oublier leurs belles paroles

Et puis le temps presse, adieu les jolis mots

Je vais devoir en trouver d’autres, encore…

Pour les oublier quelques part sur l’oreiller.

Il n’est jamais trop tard pour faire de belle rencontre, pour voyager de surprise en surprise,

pour se laisser emporter par les mots d’un autre :

« Et se dire que parfois, c’est joli d’être triste

Quand le cœur déborde, il écrit des océans

A nous de nous y noyer de temps en temps

En se laissant croire que pour quelqu’un, on existe. »

C-line

 

Je me suis retrouvée là devant eux
Je ne connaissais pas grand monde
Je me suis sentie petite. Moi et eux
Je tremblais bien trop à la seconde

J’ai monté les marches, seule
Avec mes boules au ventre, oui mes :
La tristesse, le trac, eux, moi seule
Toi là, si petit aussi, j’ai pleuré

A te savoir seul, là à quelques pas
Un papier froissé à la main, j’ai tenté
De parler, de te parler encore une fois
Mais c’était différent, le silence hantait

On ne me connaissait pas ou peu
Alors je ne savais pas si je pouvais
Tu sais si je pouvais leur dire à eux
Les mots que je t’avais tartiné

J’ai fermé les yeux, très fort, trop
Pour qu’elles arrêtent de tomber
Les larmes sur mon encre de stylo
Et j’ai eu envie de rire et de chanter

Envie, parce que quoi d’autres ?
Tu aurais aimé ! Mais j’ai parlé,
Tout bas, rien qu’à toi, pas aux autres
Ma haine, mon amour : envolés

Tout a coulé le long de mes mots
Avalanche retenue depuis longtemps
Trop, toujours trop, on attend trop
Avant d’abattre sa pluie de sentiment.

Cette lettre je la garde précieusement,
J’essaierai de te l’envoyer avant
Avant, pas trop tard, j’essaierai
Si le réveil sonne à temps… Avant.

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Parfois ils s’éteignent
Rien ne les encourage
Ils deviennent vides ;
De sens, d’arguments
Ils saoulent
Ils attendent des réponses
Ils cherchent des questions
Ils sont là sur le bout
D’une langue
A une autre, rien ne se dit
Parfois ils s’éteignent
Pour mieux se rallumer
Ils se remplissent
Petit à petit
Tout doucement
Et reprendront la route
Vers une autre oreille
Ne rien dire, laisser faire
Ils sont partis
Envolés ou perdus
Ils se fatiguent
Ils se taisent
Devant leur oratoire
Ils se répètent sans cesse
Ils n’osent pas
Ils glissent des suppositions
Des murmures
Ils tombent un à un
Dans la sourde oreille
Alors parfois ils s’éteignent
Et tout devient sombre.

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Le vide, c’est ce qui parfois gonfle notre ventre
S’invite dans le cœur et supprime les espoirs

Le vide, c’est quand quelqu’un nous manque
Et il faut faire avec parce qu’il est trop tard :

Le prochain train partira, mais pas maintenant,
La destination n’est peut-être plus au répertoire

Le vide, ce n’est pas que des pieds se balançant
Seuls, sur le bord d’une falaise quand arrive le soir

Le vide, c’est le regret de n’avoir jamais su dire
Et les mots se promènent sans cesse dans l’air

La prochaine lettre sera écrite, jetée, réécrite,
Envoyée, et l’adresse aura changé de propriétaire

Le vide, c’est ce qui parfois gonfle notre cœur,
Et fait déborder les yeux d’une pluie éphémère

Le vide, c’est l’incompréhension du moment,
L’acharnement d’une diabolique et inconnue prière

Le vide, c’est ce qui nous pousse au fond du fauteuil
Tel le chat en boule qui dort sans se soucier de nous

Le vide, ce n’est pas qu’une peur inexpliquée,
Quand la terre tremble d’un peu partout

Le vide, c’est ce qu’on attend et ne viendra jamais
Et ça comble notre esprit d’un autre vide qui rend fou.

Le vide, c’est les trois petits points derrière : et si …
C’est une histoire qui ne commencera jamais sans vous.

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Les mots traversent ma tête,

Font scintiller mes yeux,

S’invitent sur mes lèvres.

 

Les mots inondent ma planète,

S’évaporent dans mes cieux,

Traduisent tous mes rêves.

 

Les mots inventent mes histoires

Fournissent mes alibis

Créent mes discussions

 

Les mots deviennent illusoires

Promettent à l’infini

Sont juste mes compagnons

 

Les mots chuchotés ou hurlés

Chavirent dans ma bouche

Croisant les vôtres de mots

 

Les mots invités ou inventés

Sont plus ou moins farouches

Ôtant pour un peu vos propres maux.