Souvent ce sont les petites choses qui nous manquent le plus :

Une lettre, un ciel d’été,  

Un silence, un petit toit,

Un verre, une photo ratée,

Un instant de plus, une voix.

Un souvenir, un souvenir qui s’enfuit…

Qu’est-ce qu’il y a de plus petit qu’un souvenir ?

Une minuscule bulle dans un coin de nos têtes…

Un  souvenir qui s’enfuit…

Un feu de cheminée qui touche le fond du cœur

Besoin de se noyer dans quelques profondeurs

D’aller vers l’opposé, loin, d’oublier ses peurs

De se couper du temps, encore, quelques heures

Et cette danse unique dans les flammes

Son mouvement lent, sa main pâle

Sur cette épaule dénudée, attendant

Qu’il brûle enfin ses sentiments…

Un souvenir qui s’enfuit…

Le ciel n’est pas content, il claque sa colère contre mes fenêtres

Contre mon toit, mon cœur, et  l’eau me transperce tout l’être

Il rugit, grogne et claque sa hargne au hasard des rues folles

Et le monde se réfugie, les pieds mouillés ; mon âme s’affole

Le ciel claque sa colère avant de retrouver son trop beau bleu

Il déchire sans pitié les cœurs même chez les amants heureux

Et le monde continue de tourner sous les gouttes trop lourdes

Qui tombent et claquent ; tonnerre craque mais je suis sourde

Je suis sourde aux maux que tu jettes sur nos vies, gémis

Tant que tu veux, explose ta lumière trop vive contre nos vies

Claque tes cris aussi fort que tu le souhaites, je suis sourde

Elle ne m’atteindra plus ta pauvre peine devenue trop lourde.

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Aspire à une vie simple et passe son temps à la compliquer

Et puis le vide, la chute est longue quand on tombe dedans

Autant de vide alors qu’on ne sait plus donner, même aimer

Est un verbe qui glisse entre les doigts au passé, au présent

On ne sait plus vraiment le conjuguer au futur et pourtant… 

Mais pas de prévision sur les prochains temps où il brillera

Pas non plus de satellite sur nos têtes annonçant pluie et vent

Demain est dans tellement longtemps quand on y va pas.

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Cette putain de foutue page blanche

Vierge de mots divins ou vulgaires

Qui a tant à dire et ne dit rien …

Je te demanderais juste : pourquoi ?

Pourquoi ne me laisses tu pas

T’envahir de mes folles pensées ?

Pourquoi tu ne veux pas du labyrinthe

De mes mots, se chamaillant là

Sur le bout de ma langue ?

Pourquoi tu ne veux pas qu’ils vivent ?

Qu’ils se posent sur ton dos,

Qu’ils soulagent mon esprit ?

Leur invasion est trop lourde à porter

Je dois pouvoir les envoyer valser

Sur une douce feuille de papier…

Mais cette putain de feuille blanche

Me nargue de sa pureté, pas un mots

Même pas une musique, alors qu’il y a tant…

Mais tu ne dis rien.

Se réveiller trop tôt avec le chant des oiseaux

Et de jolies phrases plein la tête, on se dit

Qu’on va les retenir au lieu de les écrire

Sur un bout de papier toujours près de l’oreiller

On se dit que c’est joli, que ça fera un beau poème

Que ça change de tout ce qu’on entend…

On se dit qu’il est trop tôt pour se lever et

On oublie les jolis mots quand les pieds se posent

Sur le plancher, quand la tête se réveille

Pour une routine ; les oiseaux ne chantent  plus

Eux aussi ont du oublier leurs belles paroles

Et puis le temps presse, adieu les jolis mots

Je vais devoir en trouver d’autres, encore…

Pour les oublier quelques part sur l’oreiller.

Est-ce que tu l’imagines bien ? La fille au visage pâle dans le train ? Est-ce que tu as bien l’image, sa solitude sur le visage et la pluie battante de l’autre côté de la fenêtre fermée ? Tu l’as voit ?

Elle parait triste mais elle est juste dans l’attente. Attendre et rien ne se passe. Apprendre la patience, passer le temps comme on peut, avec qui on veut si on veut. Des fois on choisit la solitude, ce n’est pas triste, c’est mieux pour les autres… On attend un moment de quelques secondes, comme une décharge électrique. Un moment qui passe en laissant une trace. On attend une réaction sur un visage qui ne vient pas mais qui un jour arrivera. On attend une réponse à une question pas encore posée, alors forcément. On attend mais on ne perd pas son temps, on avance, on est dans le train. On est les uns derrière les autres à attendre un moment qui arrivera certainement. On avance tous, seul à attendre… Alors on a ce visage-là, celui de la fille du train qui parait triste. Alors on ne prend plus le train… On attend sur le quai.

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Et cette minute de silence, après le discours :

Anecdote d’un coin de comptoir, d’un souvenir

D’un bon ami croisé sur un chemin trop court.

Quitter la route en silence, sans rien dire…

Et laisser tous ces gens, comme ça portant

Leurs cœurs lourds de larmes à bout de bras.

Pas tous, certains s’en fichent, heureusement

On culpabilise déjà de les voir comme ça, je crois.

Oui, je crois… Les souvenirs au creux d’un verre

S’échangent de partenaires, s’entassent, s’oublient

Se mélangent et font chanter parfois des airs

Des mains applaudissent, qu’elle continue la vie !

Et cette minute de silence, après l’émotion

Trop lourde ; c’est mourir une deuxième fois

Enfin je crois… Mais si je m’en vais compagnons

Ne laissez pas une minute de silence avec moi

Laissez-moi du bruit, laissez-moi vos histoires

Laissez-moi vous envahir et encore papillonner

Laissez-moi dans un livre, dans un verre, dans un bar

Laissez-moi un bout de route pour continuer !

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« Ne croyez pas que je sois en pause,
Même si parfois une pause s’impose…
Non, je travaille sur un autre projet
Un projet encore un peu secret

Pour plein de raisons, déjà pas terminé
Pas sur qu’il voir le jour comme je l’aimerais
C’est-à-dire sous toutes ses formes possibles
Là il est en montage de lettres et de styles…

Il avance à son rythme, plutôt bien
Il compte 40 pages et vogue vers la fin
Ensuite, ensuite,
La suite … »

Ses lignes

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La rencontre du mauvais moment
Qui n’aura jamais lieu pourtant
Chaque chose avait son temps
En son temps où il courait au vent

La course de l’impossible et puis.
Un vaudeville qui fait sortir l’un
Quand l’autre ouvre enfin sa vie
Croisement interdit de deux mains

Demain, qu’importe le jour, l’heure
Il ne sera pas temps de se rencontrer
Quête d’une éternelle bonne heure
Qui n’arrivera jamais au temps d’aimer.

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