Et cette minute de silence, après le discours :

Anecdote d’un coin de comptoir, d’un souvenir

D’un bon ami croisé sur un chemin trop court.

Quitter la route en silence, sans rien dire…

Et laisser tous ces gens, comme ça portant

Leurs cœurs lourds de larmes à bout de bras.

Pas tous, certains s’en fichent, heureusement

On culpabilise déjà de les voir comme ça, je crois.

Oui, je crois… Les souvenirs au creux d’un verre

S’échangent de partenaires, s’entassent, s’oublient

Se mélangent et font chanter parfois des airs

Des mains applaudissent, qu’elle continue la vie !

Et cette minute de silence, après l’émotion

Trop lourde ; c’est mourir une deuxième fois

Enfin je crois… Mais si je m’en vais compagnons

Ne laissez pas une minute de silence avec moi

Laissez-moi du bruit, laissez-moi vos histoires

Laissez-moi vous envahir et encore papillonner

Laissez-moi dans un livre, dans un verre, dans un bar

Laissez-moi un bout de route pour continuer !

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« Comme deux amants en mal d’amour
Vivant le bonheur fugace de se mélanger
Sans promesse sur le chemin du retour
Écrasant juste l’ennui d’une vie fissurée. »

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« Comme un verre de trop peut tout saccager
Quand modérément il n’apporte que des rires
Avec abus, on en crève par les larmes, noyés
En se demandant mais qu’ai-je bien pu dire ? »

L’enfant errant qui passa devant moi
Avait des cheveux blancs par-ci, par-là.
Il avait l’air soucieux d’un vide à combler
Peut être est-il un enfant oublié ?

Je ne sais pas vraiment son âge et même si
Je savais il ne fait pas tout ce temps de vie.
C’est un visage d’enfant aux cheveux blancs
Par-ci, par-là, un visage qui encore attend.

Du genre qui ne se laisse pas apprivoisé
Mais qu’on a envie, sans cesse, de regarder
Certainement pour être là, à l’instant
Ou il arrêta d’attendre après son moment

Je n’ai pas d’autres mots, il attend quoi ?
Réellement je ne sais pas ou si je crois.
Mais je ne peux parler à la place de l’enfant
La vérité sort de sa bouche, et pourtant.

J’avais envie de lui tendre ma main et puis
Je crois que je l’ai fait mais je suis qui ?
Ils ont raison ne pas faire confiance :
Aux grands on ne fait pas de confidences.

Même à moi qui me sens plus petite que lui ;
Il sait pas quand il passe son bout de vie
Trop près de moi, que moi aussi j’attends
Et naissent mes premiers cheveux blancs

Par-ci, par-là.

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Stop ! Tu le sens ?
Le temps, tu le sens ?
Il passe devant
Derrière
Il passe toujours
Ne le vois-tu pas ?
Il coule bruyamment
Il trépigne
L’impatient
Prends-le !
Avec qu’il ne te prenne
Allonge-le sur le fil
Étends-le !
Et temps, pourquoi ?
Pourquoi, es-tu si pressé ?
Stop !
Et toi tu le sens ?
Le temps qui passe ?
Devant, derrière, toujours
Vois-le mais surtout
Ne le regarde pas passer.

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Trop de lumières s’éteignent
Et moi j’ai peur dans le noir…

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Si je souffle sur les bougies du monde
Si le jour s’enfuit à chaque seconde
Si j’éteins tous les feux de mon cœur
Certainement que, moi aussi, je meurs…

Mais trop de lumière s’éteignent
Et moi j’ai froid dans le noir….

Même si les étoiles brillent plus fort
C’est toujours mieux vivant que mort.

Trop de lumières s’éteignent
Et moi j’ai peur dans le noir…

Perdre le contrôle
De tout
Jusqu’à la fin
Encore, vivre damné
Pas de tunes, pas de temps
La vie s’effrite
Ne rien voir venir
L’urgence, l’urgence
Essayer, inventer
Et les autres ?
Ton enfer
Sartre a prévenu
Vivre en pantin libre
Mais accroché
Putain de ficelle
Mais où couper ?
Savoir tout claquer
Ne pas attendre
L’autre n’attend pas
Chacun pour soi
Pas de déception
Pas de claque en soi
Pas de larme à cheval
Sur le coin d’un œil
Plus de colère
Enfin le calme
Plus un bruit, plus rien
Plus rien.
Plus de son, de sonnerie
Plus de con, de connerie.
Quelques mots sur le clavier
Et l’attente sur « entrée »
Les mains sur le volant
Mais ne trouvent pas la clé
Putain de ficelle
Mais où couper ?
Manque d’air
Agonie
Crève-cœur
Perte de contrôle
Contrôle du rien
Destin.
Les scénarios se dessinent
Une main glisse jusqu’à toi
Mine de rien
Mine de crayon
Aiguise
Déguise
Être autre !
Et entre autre
Console-les
Console-moi

Et après ?

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J’ai eu la chance cette année d’aller au bout d’un défi, d’un objectif,

« d’une résolution 2015 dernier délai ! »

J’ai eu de la chance, parce que je n’étais pas seule, des motivations extérieures ont fait

une bonne partie du travail, consciemment et souvent inconsciemment.

Je vous offre, pour Noël, la couverture que je n’ai pas choisie pour le recueil

mais qui est mon choix de cœur.

Merci au  « poto-graphe », merci encore à vous !

 

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Disponible ici


Magnifiques lignes de Pier Paolo Pasolini : Adultes? Jamais.

« Adulte ? Jamais. Jamais : comme l’existence
Qui ne mûrit pas, reste toujours verte,
De jour splendide en jour splendide.
Je ne peux que rester fidèle
À la merveilleuse monotonie du mystère.
Voilà pourquoi, dans le bonheur,
Je ne me suis jamais abandonné. Voilà
Pourquoi, dans l’angoisse de mes fautes
Je n’ai jamais atteint un remords véritable.
Égal, toujours égal à l’inexprimé
À l’origine de ce que je suis. »

                                                                  Pier Paolo Pasolini – 1960

 

Rendez vous au trait d’union, 12 rue de Normandie à Mons-en-Barœul demain à 20h30.
(Ligne 2 – Station Fort de Mons) Entrée : 8 €

Avec les mots des autres :
« Rodrigue scène poético-rock en français sans lipstick mais qui flirte insolemment avec la pop,
parfois libertaire et insouciante, souvent sombre et engagée. »
Avec les miens :
« Un plongeon dans un univers si proche de chacun d’entre nous et si éloigné… Un voyage dans l’imaginaire d’un homme quasi ordinaire mais pas tout à fait seul avec lui même. Des mots qui coulent comme un vin rouge obscur à température dans une gorge surprise par ce millésime. Même quand on connait les paroles, les sons, les intonations, les vibrations,
on se laisse captiver : Les chairs hérissent, la liberté s’emballe, l’imaginaire offre,
et c’est bon, comme un vin millésimé…
Rodrigue, ça trans « pop », ça fait vibrer, ça fait parfois chialer mouais, mais surtout ça enivre. »

C’est un appel du pied que me fait le ciel
A chaque fois que mes yeux se posent
Sur sa robe de jour aux mille pastelles,
Sur sa robe de nuit portée comme il l’ose

Et les jours où il reflète le morose du bitume
Je sais qu’au-dessus les bleus se mélangent
Comme certains cachent sous bien des costumes
Leur brillante réalité qui parfois dérange.

Je rêve d’un coup de foudre en plein vol
Je rêve d’un vol sur un coup de tête
Mes pieds déjà de la terre décollent
En moins d’un clic, ma valise est prête !

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